13/11/2007

Les mesures itinéraires sous l'Ancien Régime


Avant la Révolution française et l'annexion par la République de l'espace belge, alors sous contrôle autrichien, toutes les mesures variaient d'une région à l'autre, voire d'un village à l'autre. Si nos ancêtres étaient le plus souvent illettrés, ils avaient une mémoire d'éléphant. En effet, les échanges économiques étaient monnaie courante au sein de territoires voisins mais aussi avec des contrées plus lointaines.
M. Willy Guerlement a publié, en trois tomes, disponibles à la bibliothèque de Leval, une excellente étude sur son village natal: Anderlues. Il a notamment étudié les différentes mesures qui avaient cours dans notre région (1).
Rassurez-vous, nous n'allons pas, d'un seul tenant, recopier le résultat de ses recherches.
Nous allons, aujourd'hui, nous attarder sur les mesures itinéraires, c'est-à-dire sur la longueur et la largeur de nos chemins.
C'est aussi l'occasion de découvrir l'origine de certains noms de rue dont le sens nous échappe aujourd'hui.


"L'unité était la lieue qui, dans le comté de Hainaut, mesure 4694,88 mètres et se divisait en 100 verges de 10 pieds.
Quant à la largeur des chemins, elles variaient selon leur nature, c'est ainsi que, d'après "Les chartes nouvelles du Pays et Comté de Hainaut", ouvrage publié à Mons en 1783, chez M.J. Wilmet, imprimeur de Sa Majesté
(Frédéric II d'Autriche)


"Un chemin que l'on dist cauchie (chaussée) a cens pieds" soit 29,343 mètres ! .A Buvrinnes, existe toujours la "rue des Cent Pieds" reliant Epinois au hameau d'Ansuelle. Le comte Arnold de Looz-Corswarem le confirme dans son ouvrage "Buvrinnes, passé et présent" (2). "Elle n'a plus actuellement cette largeur, note-t-il, mais, en maints endroits, on retrouve encore les traces de son ancienne dimension.


"Un chemin royal, quarante pieds", soit 11.737 mètres.
C'est l'origine du nom de notre "rue royale" qui, elle aussi, est loin d'atteindre, de nos jours, cette largeur impressionnante. A Carnières, par contre, sans être aussi large, leur "rue royale" a conservé une largeur appréciable.


"Un chemin de ville à l'autre", 30 pieds soit 8,803 mètres.


"Un chemin qu'on dist Wydange", 15 pieds soit 4,401 mètres.
. J'avoue mon ignorance quant à la signification de ce terme et je ne connais aucune trace toponymique qui y fait référence. Si un(e) internaute peut nous aider...


"Un chemin Hardeau, 25 pieds soit 7,336 mètres. qui a laissé des traces au moins près de Carlsbourg (Province de Luxembourg) et... en Touraine.


"Une voye à cheval, 5 pieds soit 1,467 mètre


"Une pied-sente", 3 pieds soit 0,880 mètre
. Autrement dit, un sentier. Mrs Lemaire et Burgeon, dans leurs "Miettes levalloises" emploient encore couramment ce terme.


"Une voye à char", 7 pieds soit 2,054 mètres


"Une voye de cartier", 10 pieds soit 2,934 mètres


"Une voye de corps", 7 pieds soit 2,054 mètres.


Ces deux derniers termes font-ils référence à l'armée ?


Bois du Roy (06)


La rue royale à Leval, drôlement rétrécie ! (Photo: Michel LOISEL)


(1)GUERLEMENT Willy – Anderlues au fil des temps, tome 1, Edition des 3 Sources, s.l., 1985, p.136
(2)DE LOOZ-CORSWAREM Arnold – Buvrinnes, passé et présent – Imprimerie Bernard – Mont-sur-Marchienne – 1973 – p.40

00:16 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voirie |  Facebook |

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