13/01/2008

1943 : à Leval, on ne fait pas dans le détail.


Le 10 mai 1943, le chef de station de la SNCB de Papignies (aujourd’hui dans l’entité de Lessines) dresse un procès-verbal.
"Le Progrès agricole », un moulin à eau, a commandé à la malterie Leroy Frères à Binche, 1280 kg d’orges légères et 129 kg de grains cassés soit 1427 kg répartis en 18 sacs.
Dans la cité des Gilles, le 30 avril, le chargement est complet. Quand il arrive à destination, le 10 mai, il ne reste que 15 sacs ! 3 sacs soit 240 kg ont disparu ! Pour la coopérative papignienne c'est un manque à gagner de 551,5 frs.
Le 13 août les chemins de fer ont élucidé le mystère : « Veuillez faire savoir au réclamant que le wagon n°62792, dans lequel était chargé l’envoi litigieux a été l’objet d’un pillage en bande aux environs de la station de Leval »
Considérant que c’est un cas de force majeure, la SNCB dresse un pro-justicia et décline toute responsabilité.
Pour les habitants de Leval et ses environs, cette attaque digne d’un western à la John Wayne était, n’en doutons pas, aussi un cas de force majeure : ils avaient faim !
Nécessité fait loi.
Mais Le Progrès social ne compte pas en rester là et le 18 janvier 1944, elle réclame la somme à la commune de Leval-Trahegnies qui refuse, bien entendu.
"Notre effectif de police est aussi insuffisant pour assurer une surveillance constante de la gare et de ses dépendances à telle enseigne que le Ministère de la Défense a installé une brigade de gendarmerie pour la surveillance exclusive, jour et nuit, des transports effectués en gare de Leval ou y passant. Pourquoi, dès lors, ne pas réclamer à cette administration ? "
Manifestement, la peur du gendarme n'a pas effrayé les très efficaces "outlaw" levallois qui en firent encore d'autres par la suite.


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23:32 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : seconde guerre mondiale |  Facebook |

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