19/04/2008

Les Couilles de Suisse


Cet article est extrait du n°4 du "Par Mont et par Vaux" - 2ème trimestre 2003


Il est des temps pas si lointains où la cuisson du pain était une tâche ménagère. Elle représentait une occupation importante, de la journée, comme les jours de lessives d'ailleurs. Dès lors, la réalisation du repas était réduite à de la soupe et des tartines ou à d'autres plats ne demandant pas trop de temps. Le four à bois chauffé de fagots était généralement rempli au maximum de la fournée, afin de rentabiliser au mieux la quantité de bois pour le dit chauffage. La cuisson ne. s'effectuait souvent qu'une fois tous les 15 jours mais parfois, dans les fermes au temps des moissons, une fois par semaine.
Il était de coutume de fabriquer un peu de pâte à pain en plus pour réaliser le repas simplifié . Nous allons d'ailleurs voir les différentes utilisations des restes de pâte selon la localisation géographique.


Le Tournaisis


Dans la ville aux 5 clochers et aux «4 sans cloche » , il était de coutume d'aplatir le reste de pâte en petites abaisses circulaires (disques de pâte) et de mettre à fermenter ceux ci sur des sacs à farine en toile de jute enfariné s. Après- le pain, le four déjà bien refroidi, on enfournait les pâtons plats, et on laissait la cuisson se poursuivre durant un petit quart d'heure.
La FALUCHE, car elle porte ce nom, était ensuite coupée en 2 et fourrée chaude de beurre de ferme et de cassonade de candi. Dégustation immédiate oblige.


Le Borinage


Dans la région de Mons, les restes de pâtes étaient aussi aplatis, parfois au rouleau à tartes, parfois simplement à la main et disposés sur des platines ou tourtières. Le dessus était recouvert de cassonade et de quelques gouttes de café . Cuisson rapide au four juste après ou avec les pains et dégustation avec «éne bonne jatte dé tchau bodu» (café ) c'est le vrai PAGNON qui n'a rien à voir avec nos tartes au sucre actuelles.


pagnon


Dans notre belle région du Centre


Les restes de pâte à pain étaient divisés en boules et mises à fermenter entre 2 essuies de cuisine. Ces boules étaient plongées dans de l'eau bouillante salée et après une cuisson de quelques minutes, égouttées et versées dans un plat où une forte proportion de beurre cuit «noisette» et de cassonade venaient donner à ce met oh! combien consistant, la douceur, les arômes jamais oubliés de notre jeunesse.


Dans les pays de Charleroi et de Namur


Une pomme ou une poire, au trognon enlevé , venait se vêtir de la pâte à pain aplatie au rouleau, après avoir vu son centre creux rempli de cassonade et de beurre de ferme salé .Cuisson au four et dégustation tiède OBLIGE


Dans la Principauté de Liège


La pâte mélangée de sucre en pain concassé , était cuite dans les fers à gaufre pour donner la gaufre de ménage, ancêtre de la gaufre sucré e de Liège.


Mais d’où vient ce nom étrange de « Couilles de Suisse » ?


Je vais vous en donner la raison. Dans les églises, jadis, un garde suisse, avec une hallebarde redoutable et un chapeau emplumé , veillait à garder le calme du sanctuaire et remettre à l'ordre l'éventuel trublion de ce saint silence . En fait un guerrier « impitoyable » parfois raillé quant à ses compétences militaires. Une trop fine bouche aurait dit : «ce plat à autant de valeur que "les couilles du suisse» en faisant allusion à notre homme d'armes.
Quant aux personnes que cette appellation rebutait, ils la transformeront en « couques suisses » mais sachez que nul Helvète n'est capable de vous en énoncer la recette. Appelons donc un chat un chat !


2005_Garde_suisse_au_service_du_PapeM

 



Recette


500 g de farine, 50 g de beurre, 10g de sel, 40 g de levure, 10 g de sucre, éventuellement un œuf, 300 ml d'eau tiède. Faire une pâte correctement pétrie et laisser pousser 30 minutes, diviser en boules et laisser lever encore 30 minutes sur un essuie fariné. Cuire à l'eau bouillante salée pendant 5 à 7 minutes et égoutter. Faire sauter dans du beurre cuit couleur noisette et saupoudrer de cassonade «gamin» . (Cassonade dont l’emballage est orné de l'effigie d'un garçonnet).


Vincent Cassel


Vincent

 



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01:36 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : recette du terroir |  Facebook |

Commentaires

Généalogie Bonjour,
Mes arrières grands-parents ont habité, rue des Trieux à Epinois .. J'aimerais obtenir des infos sur leurs dates exactes de naissances (mariage ...).
Il y a-t-il une possibilité d'avoir accès au document d'archives de la cure ..
Mille mercis pour votre aide !!!!

Écrit par : Patricia Musiaux | 18/05/2010

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Très bonne recette ,mais à mon avis il faut mettre beaucoup moins d'eau,c'est entre la pâte a tarte et la pâte a pain

Écrit par : marie | 19/01/2011

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je n arrive pas a faire les couilles de suisse j'aurais voulus trouver une personne qui a l'habitude de les faires qui m'en donnerais la reçettes Merci

Écrit par : decraie anne | 09/05/2012

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La seule recette que je connaisse se trouve sur le blog. A mon sens, ce dont vous avez besoin, c'est de quelqu'un qui les fasse une fois avec vous. Où habitez-vous ?

Écrit par : Patrice Lambert | 09/05/2012

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