14/07/2008

Septembre 1943, c'est la fête à Jules !


Rien de tel qu’un document de première main pour vous faire approcher au mieux des réalités d’une époque. Bien sûr, même quand il s’agit d’actes officiels, le filtre de la critique doit être employé. Et recouper ses informations est toujours de bon aloi.
Il n’en est pas de même ici, hélas. En effet, dans les quelques lignes qui vont suivre, nous allons toucher du doigt à la fois les dures réalités de la guerre au quotidien et les conditions de vie réelles de la vie des mineurs les moins bien payés d’Europe : les Wallons !


Donc en ce mois de septembre 1943, Jules LAVEND’HOMME, qui avait déjà été victime d’une attaque à main armée, est confronté à un autre problème : on lui vole ses pommes de terre sur ses champs.


Ecoutons le policier communal qui a mené l’enquête
Depuis un certain temps, nous avions dû constater de nombreux vols de pommes de terre commis sur les champs de notre commune. Afin d’identifier ces malfaiteurs, notre Garde-Champêtre accompagné du Garde-Champêtre de Mont-Sainte-Aldegonde, organisa une surveillance spéciale au cous de laquelle les nommées D.G. et C.R furent surprises en flagrant délit. Elles avaient enlevé sur un champ appartenant à LAVEND’HOMME Jules, une quantité approximative de cinquante kilos de pomme de terre, qu’elles transportaient dans des sacs. Au cours de son interrogatoire D.G. nous a déclaré : « Il y a environ quinze jours que chaque matin, je pars avec C.R. arracher des pommes de terre sur les champs situés sur Leval et Anderlues. Certains jours, nous ne savons pas prendre de pommes de terre, empêchées par les veilleurs de nuit. Cependant , j’en ai déjà reporté plusieurs fois chez moi, lundi dernier, notamment, nous avons été sur un champ (…) où j’ai enlevé environ 30 kilos. Ces pommes de terre sont destinées à la consommation de toute ma famille »


Dura lex, sed lex, la loi est dure mais c’est la loi. Cependant, le pandore, qui doit avoir aussi faim que les « malfaiteurs », justifie les actes de ces deux dames :


La famille DB, se compose du père, de la mère et de huit enfants. Parmi ces enfants, deux seulement travaillent et gagnent, vu leur jeune âge, un salaire très minime. Le père, mineur, ne gagne non plus qu’un salaire très réduit. Dans les circonstances actuelles, ces personnes rencontrent de nombreuses difficultés pour subvenir à leur entretien et pour pouvoir donner la nourriture suffisante à leurs enfants. Nous n’avons jamais dû intervenir envers ces personnes qui, avant la guerre, étaient considérées comme des gens très honnêtes. C’est probablement l’absence de ressources suffisantes et la misère même qui guette ce foyer qui a poussé l’enfant à commettre ce délit.


Le style et l’orthographe ont été respectés.


MSA - Chemins, rues & sentiers - Rue d'Escosson (02)


Vue de la rue d'Escosson sur Mont-Sainte-Aldegonde & Anderlues: un des lieux des "délits" ?

22:09 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : seconde guerre mondiale |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.