18/07/2008

La mémoire de nos rues: mais qui était donc...


Salvador Allende



Cet article est extrait du n°5 du "Par Mont et par Vaux" - 3ème trimestre 2003


Allende (01)


Un soir, en revenant du boulot, je suis interpellé par un ouvrier d’une société de distribution d’électricité au volant de sa camionnette. Notre malheureux personnage arpentait depuis plus d’une heure les rues de Leval à la recherche de la rue du « Youne » (sic). J’ai dû fournir un effort surhumain pour ne pas éclater d rire : notre infortuné travailleur devait se rendre à la rue du « Yun » !
Après l’avoir remis sur le droit chemin, j’ai continué le mien ! Et ce faisant, cela m’a rappelé que le nom d’une autre rue de notre village était assez couramment « spotchî » tant à l’oral qu’à l’écrit : c’est la rue Salvador Allende !
Commençons par le prénom : souvent, il est prononcé « Salvator » et parfois je le vois écrit « Salvatore ». C’est Adamo qui doit être content !
Pour le nom de famille ; c’est une autre paire de manches ! Phonétiquement, cela va de « A-lent-de » à « A-lente » en passant par « A-liant-dé » ou autre « Salvator-en-dé ». Je dois vous avouer que personnellement j’y perd aussi parfois mon latin ! Salvador « A-lain-dé » ou « A-li-aine-dé » . Toujours est-il que lorsqu’on aborde le sujet, bien souvent l’on me rétorque : « Mais qui c’est ç’nome-là ? »


Salvador Allende (1908-1973). Homme politique chilien, socialiste, président de la République du Chili (1970-1973), il est renversé par un putsch militaire, dirigé par le général Pinochet, au cours duquel il trouve la mort.
Merci le dico, mais essayons d’en savoir plus !



Lors de sa quatrième tentative en 1970, soutenu par une coalition de partis de gauche, il remporte les élections avec 36,7% des suffrages, face à deux candidats de droite, Jorge Alessandri, qui a obtenu 35,3% et Radomiro Tomic qui a recueilli sur son plus de 30%.Pour la première fois, un socialiste accède à la tête d’un pays d’Amérique latine.

 


Ses mesures sociales (augmentation des salaires, nationalisation des mines de cuivre et des principales entreprises du pays, réforme agraire, …), tantôt trop modérée, tantôt trop radicales, ne font jamais l’unanimité dans son camp.


Salvador Allende doit par ailleurs faire face à une opposition de droite majoritaire au Parlement. Elle est appuyée en sous-main par des agents secrets de la C.I.A étasunienne et financée par le multinationales implantées dans le pays.
Le Chili est bientôt secoué par l’agitation de la gauche révolutionnaire (le MIR) et paralysé par des grèves à répétition, dont celle des camionneurs.
Face à l’agitation multiforme qui menace son gouvernement, Salvador Allende appelle les militaires à son secours. Il obtient l’appui du commandant en chef de l’armée de terre, Carlos Prats.


Mais le Parlement prive le Président de tout moyen d’action et tente de le récuser. Dès lors, ce dernier ne voit plus d’autre issue que dans la tenue d’un referendum.
A la veille de celui-ci, une junte militaire décide de mettre un terme, par la force, à l’expérience socialiste. Sous le commandement du chef des armées, le général Augusto Pinochet, elle donne l’assaut au Palais de la Moneda, le siège de la Présidence à Santagio du Chili. Le Président (65 ans) meurt, criblé de balles.


Allende_en_La_Moneda


Salvador Allende, quelques minutes avant sa mort, dans le palais assiégé de "La Moneda", siège de la présidence du Chili


Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont arrêtées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago. Plus de trois mille d’entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires, ce qui vaudra, un quart de siècle plus tard, au dictateur chilien une inculpation de crime contre l’humanité.


C’est pour le pays la fin d’une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui avait valu le surnom de « Suisse (ou Prusse) de l’Amérique du Sud ».


MonedaBombing


Le palais de "La Moneda" sous le feu des forces insurgées du Général Augusto Pinochet


Martyr d’une dictature sanglante, on comprendra pourquoi notre ancienne majorité (celle dirigée par Armand Leroy) désira que les Levallois perpétuent la mémoire de cet homme en rebaptisant la Grand’rue du village.




Activités Chlem - Leval - Fête au Beaujolais 15-10-2005 - Stand (02) - Phil


Philippe Longfils

18:24 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voirie |  Facebook |

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