23/06/2008

Résultat des dernières élections communales levalloises en 1970


P.S.B. (Dubois) : 5
P.C.B. : 1
P.L.P. : 1
P.S.B. (Hesbois) : 4
P.S.C. : 2


Age et profession des conseillers communaux


DUBOIS Evariste – PSB1 – 60 – Secrétaire Centrale Mineurs
COLLART Léopold – PSB1 – 43 – Fontainier
JONNART Roger – PSB1 – 60 – Tourneur
PILETTE Marius – PSB1 – 36 – Camionneur
BAUDOUX Georges – PSB1 – 34 – Moniteur
BEAUTRIX Hubert – PCB – 59 – Pensionné
BEAUTRIX Antoinette – PLP – 50 – Sans profession
HESBOIS Jean – PSB4 – 42 – Fonctionnaire
BRANCART Léopold – PSB4 – 38 - Régent technique
VERBEKE Robert – PSB4 – 44 – Monteur
CERF Jacques – PSB4 – 42 – Docteur en médecine
ADAM Max – PSC – 47 – Employé
LAURENT Zulmart – PSC – 57 – Aléseur


Composition du collège échevinal


Bourgmestre : HESBOIS (PSB dissident)


Leval - Habitant - Hesbois Jean  - Jumelage 1976


Jean Hesbois


Echevins :
BRANCART (PSB dissident)
BEAUTRIX (PLP)
ADAM (PSC)


Rappelons que le PSB était le Parti Socialiste Belge, le PCB, le Parti Communiste de Belgique, le PLP, le Parti de la Liberté et du Progrès (libéral, ancêtre du PRL) et le PSC, le Parti Social-Chrétien (ancêtre du CDH)


En y regardant de plus près, on peut constater que, hier comme aujourd'hui, il existait une dissidence chez les sociaux-démocrates. En 1970, ce sont les contestataires, emmenés par Jean Hesbois, qui l'avaient emporté en s'alliant au PSC et au PLP.
Par contre, à l'exception du Docteur Jacques Cerf, tous les élus sont des ouvriers et des employés. Et je persiste à croire que ce n'était pas plus mal. Tous avaient une expérience professionnelle certaine. Ils savaient ce que travailler veux dire et que ce n'est pas la fête tous les jours de gagner sa vie. Ils géraient donc la commune "en bon père de famille".
Les archives prouvent qu'avant d'engager des dépenses importantes ou d'embaucher un nouveau membre du personnel, ils y regardaient à deux fois.

21:50 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elections |  Facebook |

22/04/2008

On nous roule dans la farine depuis 48 ans !


Un parlementaire naïf


Ce texte est une question parlementaire datée du 26 janvier 1960. Le parlementaire, Mr Brunfaut (1).Apparemment, notre représentant n’avait pas compris la puissance que représentait, déjà à cette époque, l’industrie pétrolière et n’avait pas prévu celle qu’allait bien représenter l’industrie automobile. Le ministre, Omer Vanhaudenove, très proche des milieux patronaux, est lui beaucoup mieux informé.
Ne convient-il pas de limiter énergiquement la vitesse et le poids des convois circulant sur les autostrades et voies connexes, non seulement ces convois lourds constituent un évident et grave danger pour la circulation des autres usagers de la route, mais ils dégradent terriblement les revêtements et toute l'infrastructure des voiries.
Au surplus - et c'est là de plus en plus abusif - les propriétés riveraines subissent d'inimaginables déprédations qui occasionnent de sérieux dégâts aux immeubles et nuisent considérablement au séjour des occupants.
Il me serait possible - à titre d'exemple - de désigner le cas d'un ou de plusieurs particuliers, qui, depuis plusieurs mois, ont constaté des bris et éclatements de places de vitrages par suite de ces fortes et incessantes trépidations. A titre indicatif encore, les maisons ainsi dégradées sont à quelque 25 m des voies de circulation susvisées, où indépendamment de ces nuisances causées par ces convois de poids lourds, les personnes, les végétations, les propriétés supportent intensément les dégagements des fumé es de carburant. Les départements ministériels intéressés ne risquent-ils pas de se voir assigner, du fait de ces dommages, où les pouvoirs et services intéressé s par les latitudes et la création de ces voiries, en droit et en équité , ne peuvent s'abriter derrière le fait du prince.


La réponse du Ministre, Omer Vanaudenhove (2) (PLP, Parti de la Liberté et du Progrès – libéral, ancêtre du MR) C’est pas moi, M’sieur, c’est l’autre »


Réponse du ministre des Travaux publics et de la Reconstruction. — J'ai l'honneur de faire savoir à l'honorable Membre que la limitation de vitesse et le poids maximum des convois dépendent du Ministère des Communications, qui a dans ses attributions la réglementation des transports par route.
La dégradation des routes et de l'infrastructure des voiries est peut-être imputable à la vitesse et au poids des véhicules lourds, mais il est à remarquer qu'il y a lieu de tenir compte de ce mode de transport qui s'amplifie constamment et qu'il appartient à la technique d'améliorer le revêtement et l'infrastructure des chaussées de telle façon qu'une exploitation de celles-ci puisse se faire sans causer de préjudices considérables ni à celles-ci ni aux propriétés riveraines.
Pour remédier aux inconvénients signalés par l'honorable Membre, il y a lieu de poursuivre une nouvelle politique d'aménagement, des grands axes routiers en prévoyant des normes de largeur d'assiette suffisante et en obligeant, conformément à la législation de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, l'érection des constructions avec des zones de recul é cartant les bâtisses des chaussées proprement dites.
Il est à noter que les autoroutes n'offrent point les inconvénients signalé s et que ces artères à circulation rapide sont le prototype des routes axiales de l'avenir.
En ce qui concerne la responsabilité des pouvoirs publics sur le plan du droit et de l'équité , la réparation d'un dommage n'est due que si le dommage résulte d'une faute commise par l'auteur du dommage.
Dans le cas que signale l'honorable Membre, aucune faute ne peut être imputée à l'Etat, gestionnaire de la voirie, car il organise celle-ci suivant des besoins qui ne relèvent que de son appréciation. Aucune faute ne peut non plus être reprochée à la commune : ce n'est pas une faute de laisser circuler des camions sur une grande route (cf. Rev. adm. 1955, 212). En fait, les tribunaux se reconnaissent' incompétents (cf. cas semblable jugé par Civ. Liège, 16 janvier 1958, Joicrn. Trib. 1958, 387).


Observations


La responsabilité de la commune est engagée quand l'état de la chaussée est défectueux et que cet état n'est pas réglementairement signalé (J. d. p., Verviers 26 novembre 1957 et observations Rev. coin., 1959, 70 à 81).


(1) Fernand Brunfaut, (Neffe-Anseremme, 1886 - Bruxelles,1972)
Architecte, né à Neffe-Anseremme, le 7 juillet 1889; décédé à Bruxelles le 12 février 1972. - Stages chez Victor Horta et E. Hellemans. - Etudes complémentaires de deux ans en sociologie et sciences financières à l'U.L.B. - Membre de la S.C.A.B. de 1917 à 1947. - Président de l'Office national de la Jonction Nord-Midi en 1947. - Membre correspondant en 1948, de la Commission royale des monuments et sites, sections sites, pour la province du Brabant. - Fut associé à son fils Maxime à partir de 1930.
Carrière politique: conseiller communal (1911) puis échevin des Travaux publics (1914-1921) de Laeken. - Conseiller communal de la ville de Bruxelles de 1921 à 1958. - Conseiller provincial du Brabant (1921-1925). - Représentant (1925-1961) et vice président de la chambre (1946-1961). - co-signataire en 1939, d'un projet de loi créant un ordre des architectes. - auteur, en 1949, de la loi dite "Brunfaut" relative à l'aménagement des abords des logements sociaux.


(2) Omer Vanhaudenhove (1913-1994) – Il fut un des réformateur du parti libéral. Devenu président du parti, il le rebaptise, en 1961, PLP (Parti de la Liberté et du Progrès), abandonnant l’étiquette « libéral » (à connotation trop anticléricale), l’ouvrant aux catholiques les plus conservateurs et les plus belgicains et lui imprimant un net visage à droite.


Leval - Chemins, rues & sentiers - Rue Trigallez (03)


Une artère vraiment adaptée aux camions ?

01:35 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voirie |  Facebook |

19/04/2008

Les Couilles de Suisse


Cet article est extrait du n°4 du "Par Mont et par Vaux" - 2ème trimestre 2003


Il est des temps pas si lointains où la cuisson du pain était une tâche ménagère. Elle représentait une occupation importante, de la journée, comme les jours de lessives d'ailleurs. Dès lors, la réalisation du repas était réduite à de la soupe et des tartines ou à d'autres plats ne demandant pas trop de temps. Le four à bois chauffé de fagots était généralement rempli au maximum de la fournée, afin de rentabiliser au mieux la quantité de bois pour le dit chauffage. La cuisson ne. s'effectuait souvent qu'une fois tous les 15 jours mais parfois, dans les fermes au temps des moissons, une fois par semaine.
Il était de coutume de fabriquer un peu de pâte à pain en plus pour réaliser le repas simplifié . Nous allons d'ailleurs voir les différentes utilisations des restes de pâte selon la localisation géographique.


Le Tournaisis


Dans la ville aux 5 clochers et aux «4 sans cloche » , il était de coutume d'aplatir le reste de pâte en petites abaisses circulaires (disques de pâte) et de mettre à fermenter ceux ci sur des sacs à farine en toile de jute enfariné s. Après- le pain, le four déjà bien refroidi, on enfournait les pâtons plats, et on laissait la cuisson se poursuivre durant un petit quart d'heure.
La FALUCHE, car elle porte ce nom, était ensuite coupée en 2 et fourrée chaude de beurre de ferme et de cassonade de candi. Dégustation immédiate oblige.


Le Borinage


Dans la région de Mons, les restes de pâtes étaient aussi aplatis, parfois au rouleau à tartes, parfois simplement à la main et disposés sur des platines ou tourtières. Le dessus était recouvert de cassonade et de quelques gouttes de café . Cuisson rapide au four juste après ou avec les pains et dégustation avec «éne bonne jatte dé tchau bodu» (café ) c'est le vrai PAGNON qui n'a rien à voir avec nos tartes au sucre actuelles.


pagnon


Dans notre belle région du Centre


Les restes de pâte à pain étaient divisés en boules et mises à fermenter entre 2 essuies de cuisine. Ces boules étaient plongées dans de l'eau bouillante salée et après une cuisson de quelques minutes, égouttées et versées dans un plat où une forte proportion de beurre cuit «noisette» et de cassonade venaient donner à ce met oh! combien consistant, la douceur, les arômes jamais oubliés de notre jeunesse.


Dans les pays de Charleroi et de Namur


Une pomme ou une poire, au trognon enlevé , venait se vêtir de la pâte à pain aplatie au rouleau, après avoir vu son centre creux rempli de cassonade et de beurre de ferme salé .Cuisson au four et dégustation tiède OBLIGE


Dans la Principauté de Liège


La pâte mélangée de sucre en pain concassé , était cuite dans les fers à gaufre pour donner la gaufre de ménage, ancêtre de la gaufre sucré e de Liège.


Mais d’où vient ce nom étrange de « Couilles de Suisse » ?


Je vais vous en donner la raison. Dans les églises, jadis, un garde suisse, avec une hallebarde redoutable et un chapeau emplumé , veillait à garder le calme du sanctuaire et remettre à l'ordre l'éventuel trublion de ce saint silence . En fait un guerrier « impitoyable » parfois raillé quant à ses compétences militaires. Une trop fine bouche aurait dit : «ce plat à autant de valeur que "les couilles du suisse» en faisant allusion à notre homme d'armes.
Quant aux personnes que cette appellation rebutait, ils la transformeront en « couques suisses » mais sachez que nul Helvète n'est capable de vous en énoncer la recette. Appelons donc un chat un chat !


2005_Garde_suisse_au_service_du_PapeM

 



Recette


500 g de farine, 50 g de beurre, 10g de sel, 40 g de levure, 10 g de sucre, éventuellement un œuf, 300 ml d'eau tiède. Faire une pâte correctement pétrie et laisser pousser 30 minutes, diviser en boules et laisser lever encore 30 minutes sur un essuie fariné. Cuire à l'eau bouillante salée pendant 5 à 7 minutes et égoutter. Faire sauter dans du beurre cuit couleur noisette et saupoudrer de cassonade «gamin» . (Cassonade dont l’emballage est orné de l'effigie d'un garçonnet).


Vincent Cassel


Vincent

 



Vous désirez d’autres recettes de notre terroir ?
Rendez-vous sur le forum du site du Chlem !

http://www.chez.com/delevalaumont/


 

01:36 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : recette du terroir |  Facebook |

16/04/2008

Les guichets de la poste de Leval fermeront à la mi-juin


La nouvelle est maintenant officielle: les guichets de la poste de Leval fermeront le 16 juin.
Le 1er bureau de poste avait ouvert ses portes le 3 août 1893.
Le Chlem consacrera un article sur l'histoire de notre poste dans son prochain numéro.


Le Hainaut et particulièrement la région du Centre paye un lourd tribut à la privatisation de la Poste. Péronnes, Trivières, Binche 2, Ressaix, ... ont déjà disparu. C'est un drame pour les personnes âgées qui reçoivent leur chèque de pension, encaissable uniquement à la Poste. Si elles ne disposent pas d'une voiture, elle devront, prendre le bus pour Binche, Morlanwelz ou Anderlues. Et le prix d'un titre de transport en commun n'est pas donné.
Le même problème se posera à nombre de bénéficiaires d'allocations familiales, aggravé par l'obligation de se déplacer avec une poussette ou un landau.
Les dirigeants de la Poste n'en ont cure. Le client, déshumanisé, n'est qu'une source de profits. Et si ceux-ci ne sont pas suffisants: on ferme.
Rester seul dans son coin à se lamenter n'a aucun sens.
Le tout récent succès du "Pacte Ecologique belge" vient de démontrer, une fois de plus, qu'une pétition rassemblant un maximum de signatures peut faire changer les choses.
C'est pourquoi, à titre tout à fait personnel, je vous invite à signer la pétition: "Sauvons la Poste". Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous:

http://petitions.agora.eu.org/sauvonslaposte/index.html


sauvonslaposte5-2


 

12:39 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : divers |  Facebook |

La reconnaissez-vous ?


Journées du Patrimoine 2005. Le Chlem au grand complet est de la partie. La cour de la ferme du moulin ne désemplit pas.
Le dimanche, le patro de Leval est lui aussi de la fête et vient visiter le moulin Stoclet. L'évènement est immortalisé, bien sûr. Hélas, les noms des participants n'est pas noté. Ce n'est pas nécessaire, on va s'en souvenir, voyons. On verra cela plus tard quand nous classerons, enfin, la photothèque du Chlem.
Et ce "plus tard" est arrivé et... il nous manque un nom !
Soucieux de faciliter la tâche des historiens locaux du futur, nous avons à cœur, de noter, autant que possible, le nom de toutes les personnes qui figurent sur nos photos. Vaste tâche, croyez-moi.
Alors, la reconnaissez-vous notre inconnue ?
Oui ? Alors laissez un commentaire ou envoyez-moi un petit mail. Merci.


patro en visite


Jean-Yves LONGFILS - Alisson DEHOUX - Stéphanie MICHY (assise) - Amandine ART - Camille HOUSSIERE - Sébastien HINDRICKX - Jean-Michel LONGFILS - Nicolas LEBON - Tristan PAUL (caché) - NOTRE INCONNUE (fille en jeans QUI TIENT LE BRAS DE LINDSAY LAIGAUX)- Lindsay LAIGAUX - Clémentine Dewerchin- Marie HOUSSIERE


 

02:11 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avis de recherche |  Facebook |

15/04/2008

Crimes de guerre à Leval


Cet article est paru dans le numéro 3 de notre revue - 1er trimestre 2003


Ils arrivent


Le 10 avril 1944, Levai était bombardé par l'aviation américaine. Nos usines, situées dans le quartier de la gare qui travaillaient pour la machine de guerre nazie, furent visées... et ratées.
Déjà , les anglo-saxons préparaient l'opération « Overlord », le débarquement du 6 juin 1944, en pilonnant l'Europe occupée. Le but était de causer le plus de dégâts possibles au potentiel militaire allemand. Ils furent puissamment aidéspar les mouvements de résistance qui multiplièrent les sabotages. Revers de la médaille : les victimes civiles furent innombrables.
A l'aube du jour «J» , une armada considérable se présenta devant les plages de Normandie. Une épouvantable boucherie qui allait durer près de 2 mois commençait. L'occupant, malgré des erreurs stratégiques invraisemblables, opposa une résistance forcenée, aidé par le bocage normand, véritable rempart végétal, plus efficace que le fameux «Mur de l'Atlantique» , où chaque haie, chaque buisson, chaque fourré pouvaient se révéler un piège mortel pour les soldats alliés. Les villes de Caen et Falaise, notamment, donnèrent aussi pas mal de fil à retordre aux armées de libération.
Ce n'est que le 1er août qu'elles parvinrent à se dépêtrer de ce bourbier végétal. Les forces allemandes, exsangues, refluèrent rapidement. C'est dans la matinée du 2 septembre que les premières troupes américaines atteignirent la frontière belge, à. Rumes.
En guise de représailles contre la Résistance et la « guerre éclair » anglo-saxonne, les Allemands massacrèrent sauvagement des civils innocents.


Mons - Evènement - La  Libération


Otages innocents ou résistants ?


Alors que l'on se battait avec acharnement dans les faubourgs de Mons, Franz Zeller et Gilbert Vanden Hecke furent arrêtés et rapidement emmenés vers Binche.
La Commission des Crimes de Guerre dans son rapport publié en 1947 écrit : « Le même jour [le 2/09] dans l'après-midi, 2 jeunes gens, Franz Zeller et Gilbert Vanden Hecke, qui se promenaient tranquillement sur le boulevard Elisabeth, furent arrêtés à hauteur de l'école normale. Des Allemands les firent monter dans un camion, qui démarra aussitôt. Un témoin a croisé le véhicule, qui roulait à vive allure. L'un des 2 jeunes gens lui a crié d'aller annoncer à sa mère qu'il était emmené par les Allemands, l'autre a croisé ses mains pour faire comprendre qu'il était prisonnier.
Le lendemain, on retrouva leurs cadavres dans une sablière abandonnée, sur le territoire de la commune de Leval-Trahegnies. Tous deux abattus d'un coup de feu dans la nuque.
Un habitant de Leval-Trahegnies rapporte avoir aperçu, le 2/9/1944, vers 18h30, un camion allemand qui s'arrêta dans la rue Royale (route de Mons à Charleroi) [sic]. Il en vit descendre une trentaine d'Allemands, encadrant 2 civils, qui étaient nu-tête. Il remarqua que le groupe quittait la grand-route et s'engageait sur le chemin qui mène à la sablière où les cadavres furent découverts. Peu après, il entendit des coups de feu, mais il ne se doutait pas qu'un double meurtre venait d'être accompli.
Un autre habitant de la même commune déclare que, le 2/9/1944, vers 18h30, un soldat allemand s'est présenté chez lui et lui a demandé une pelle. Aussitôt après son départ, il entendit, lui aussi, des coups de feu. Il se précipita dans sa cave. C'est cette personne, qui, allant le lendemain a. la recherche de l'outil qui lui avait été emprunté , découvrit les corps inanimés de Franz Zeller et Gilbert Vanden Hecke.
Notre Commission ne possède que peu de renseignements susceptibles de permettre l'identification des auteurs, coauteurs ou complices de ce double meurtre. Sur les lieux du crime, on a retrouvé une pièce d'équipement et un livret militaire au nom d'un certain « Obergefreiter Br... A... » , et d'autre part une correspondance adressée à un certain «Obergefreiter W... H..., Feldpostnummer.../D". Ces 2 individus ont été dénoncés, en qualité de suspects, au gouvernement belge et au gouvernement des Nations Unies. »
Fabrice. MAERTEN, chef de travaux au CEGES, nous écrit « malgré des recherches assez fouillées dans les archives de cette commission, je n'ai pas trouvé de dossier préparatoire pour cette affaire. »


Zeller Franz


Pourquoi la Commission n'a-t-elle pas bougé ?


Le CEGES nous écrit encore : « tant Zeller que Vanden Hecke ont bien été reconnus après-guerre comme Partisans armés (le bras armé du Front de l'Indépendance). Vanden Hecke, né à Mons le 15/10/1925, magasinier, domicilié à Mons, fut recruté pour les Partisans armés (PA)'par Willy Godart le 24/4/1944. Il a dans son dossier, à son actif, la diffusion de la presse PA, la récolte de fonds pour illégaux, le transport de messages et d'armes, ainsi que des sabotages divers. Son dossier note aussi qu'il a été arrêté le 2/9/1944 comme porteur d'armes et de munitions (...) »
« Une autre source (un rapport sur l'activité de la section Mons-Mesvin de la JOC pendant la guerre (...) indique que Maurice Dufour, de cette section, a organisé un groupe de choc, avec notamment Gilbert Van Den Heek [nous remarquerons que l'orthographe du nom est différente, s'agit-il de la même personne ?NDLR], actif lui aussi dans la JOC de Mons-Mesvin. Selon cette même source, Van Den Heek aurait été pris le 1/9/1944 en train de combattre, emmené par les Allemands et fusillé à Leval-Trahegnies. »
Tout ceci est confirmé par une attestation de l'Office de la Résistance, organisme-émanant de la Défense nationale en date du 14.01.1949.
Quant à Franz Zeller, il est né a. Jemappes, le 1/1/1925 et est ouvrier de. brasserie. Il a lui aussi un parcours exemplaire. Recruté chez les PA par Willy Godart en juin 1943, «Zeller montre dès son incorporation (...) à l'Armée belge des Partisans un courage et une abnégation peu commun. Avec une volonté rare, il diffuse la presse clandestine, récolte des fonds pour les illégaux et participe à la récupération sur l'ennemi d'armes et de munitions. Il participe au sabotage de la ligne de chemin de fer Mons-Manage [à, Nimy et à celle de Mons-Bruxelles à Jurbise] portant à. l'ennemi un coup sensible dans ses moyens de transport. Arrêté le 2/9/1944 en service commandé à Mons, il est exécuté sans jugement. Il tombe en brave d'une balle dans la nuque à Leval-Trahegnies » affirme un document é manant du Front de l'Indépendance du 18/08/1947.


La peur d'une prise du pouvoir par les communistes ?


A la Libération, « le Front de l'Indépendance n'entend pas laisser le pouvoir civil aux militaires alliés ou à l'Armée Secrète. En cette fin septembre, le FI, et les communistes qui en tirent les ficelles, s'est emparé du pouvoir dans plus de 1000 communes et notamment toutes les communes ayant «collaboré» c'est-à-dire toutes les plus importantes. Et son intention de prendre le contrôle de l'armée est évidente. (...) Dès lors, Londres coupe les vivres en armes et munitions aux PA. Le FI, lui, ne reçoit plus ses consignes que de Moscou. »
Est-ce la peur de l'instauration d'un pouvoir communiste qui fit que l'on ne s'attarda pas aux cas de Vanden Heeke et de Zeller ? C'était en fait offrir aux « Rouges » 2 « martyrs » supplémentaires et augmenter , de ce fait, la popularité du PC
Ce n'est que bien après la guerre, en 1948, quand il n'est plus question d'une prise de pouvoir par le PC que l'on reconnut les mérites de ces résistants.


Un mystère subsiste


Le 1/2/1945, la commune de Levai se voit assignée par le Tribunal de 1ère instance de Charleroi d'inscrire dans les registres d'Etat-civil le décès sur notre territoire de Gilbert Vanden Hecke et de Franz Zeller. Pourquoi la commune a-t-elle refusé d'acter le décès de nos 2 résistants montois ? Enfin; pourquoi, arrêtés à Mons, sont-ils exécutés à Leval ?
A cette dernière question, on peut raisonnablement supposer que les Allemands, en pleine débâcle, ne voulaient pas s'encombrer de prisonniers. Surtout si l'on sait que Levai sera libéré le 4 septembre.
Signalons encore que les 2 jeunes gens furent enterrés au cimetière de Mons après des funérailles solennelles organisées par la Ville du Doudou.


BIBLIOGRAPHIE


TAGHON Peter : Belgique 44 - La Libé ration , Edition Racines, Bruxelles, 1993
DE LAUNAY Jacques : La Belgique à l'heure allemande, 1940-1945, les années sombres in Marabout Histoire, Edition Paul Legrain, Bruxelles, 1977
BOTTING Douglas et les rédacteurs des Editions Tinie-Life - Le Débarquement in La Seconde Guerre mondiale, Edition Time Life, s.l. , 1978
BLUMENSON et les rédacteurs des Editions Time-Life - La Libération in La Seconde Guerre mondiale, Edition Time Life, s.l, 1978
Ministère de la Justice Commission des Crimes de Guerre - Les Crimes de Guerre commis lors de la libération du territoire national septembre 1944 - Région de Mons, Liège, Georges Thone, éditeur, 1947
Documents du CEGES, Guerre et Sociétés contemporaines, Centre d'Etudes et de documentation, Résidence Palace, Bloc E, rue de la Loi, 155/ bte. 2 1040 Bruxelles
Documents du Front de l'Indépendance
Archives de la Ville de Bmche : actes d'Etat civil.

 

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Patrice Lambert

 

16:55 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : seconde guerre mondiale |  Facebook |

12/04/2008

Informations complémentaires sur le bombardement de 1944


Les lecteurs du "Par Mont et par Vaux" et de ce blog ne l'ignorent plus: Leval a été, le 10 avril 1944, la cible des bombardements américains. Dix-huit des nôtres y laissèrent leur vie. Le quartier de la Croix-Rouge et une partie des rues de Namur et Albert 1er furent sévèrement endommagés.
Or, la commune était financièrement exsangue. Elle avait accumulé emprunt sur emprunt pour atténuer un tant soit peu les conditions très pénibles engendrées par l'occupation.
La maladresse de l'aviation US va aggraver la situation.
Dès le 15 avril 1944, l'administration communale est de nouveau contrainte de solliciter auprès du Crédit Communal de Belgique un emprunt de 132.000 francs belges pour servir à remettre en état la voirie et organiser l'enterrement des victimes. Un autre, de 300.000, sera consenti par ce qui était alors la banque des communes, le 17 décembre 1944. 30.000 francs servira à remettre en état la voirie et 90.000 seront consacrés aux établissements de bienfaisance. En effet, la plupart des Levallois crèvent de faim.
Si bien que la situation financière de la commune pour l'exercice 1945 présente des recettes pour 1.946.414, 44 francs et des dépenses pour 2.535.259,04. Quant à la dette, elle s'élève à 2.597.050 francs !
Et elle s'aggravera encore au cours des années suivantes.
Ce n'est qu'à partir de 1948 que l'État va se décider à rembourser, parcimonieusement, une partie des dépenses extraordinaires que la guerre avait entraînées.


Sources: Archives de la commune de Leval-Trahegnies


Leval - Evènement - Bombardement de Leval (02)


 

15:16 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : seconde guerre mondiale |  Facebook |