06/12/2007

La "goutte de lait"


Comme promis, nous continuons à publier un article de notre revue "Par Mont et par Vaux". Aujourd'hui, il est extrait du n°2 et signé par Michel Montée.


Il est est une chose dont on parle très rarement dans les monographies des communes, c'est la "goutte de lait".
Les plus jeunes se demanderont en riant: "Kesquecèque ça" ?
Les plus âgés se souviendront avec émotion de cette oeuvre, de ces femmes et de ces hommes dévoués qui ont donné de leur temps (et bien souvent de leur argent) aux jeunes mamans et à leurs nourrissons.
A Leval-Trahegnies, deux Consultations de Nourissons patronnées par l'ONE (anciennement, "Oeuvre Nationale de l'Enfance; aujourd'hui, Office de la Naissance et de l'Enfance) sont encore très actives. A Mont-Sainte-Aldegonde, cette oeuvre existe encore aussi.


Pendant la guerre, la Grande, celle de 14-18, et ce dès le début du conflit, le pays est menacé de famine. La tuberculose, le rachitisme et d'autres maladies font des ravages parme les enfants.
Sous le patronage des Etats-Unis et de l'Espagne se créa la "Commission for relief in Belgium". Des vivres, des vêtements, des produits de première nécessité arrivaient via les Pays-Bas neutres. Un "Comité national de secours et d'alimentation" à l'initiative d'Ernest Solvay organisait la distribution dans toutes les communes de la Belgique occupée.


"La sollicitude que le Comité national et quantité d'institutions charitables déployèrent en faveur des nourrissons des classes pauvres généralisa des pratiques d'hygiène qui jusqu'alors avaient été très insuffisamment répandues parmi le peuple. Dans presque toutes les localités , la "goutte de lait", oeuvre charitable organisée par des femmes de la petite bourgeoisie, prit soin des enfants en bas âge" (Henry Pirenne, Histoire de Belgique en 6 volumes).


Ainsi est née l'Oeuvre de la Première Enfance dans notre village.
Cette oeuvre a occupé le Château Trigallez et est maintenant à l'Ecole communale du Centre.


En 1931, une seconde "Goutte de Lait" s'installe dans les locaux de la paroisse Saint-Martin, plus exactement dans une pièce derrière le café du Patronage. Elle est maintenant installée à la rue du Béguinage.
En cette période difficile de la fin des années 20 et du début des années 30, l'abbé Bruno Venquier, curé de Trahegnies, la Ligue Ouvrière Féminine Chrétienne (LOFC) des deux paroisses et les religieuses du couvent décident d'ouvrir leur oeuvre pour aider les familles en difficulté.
Les membres fondateurs furent: l'abbé Bruno Venquier, soeur Anna (la soeur des malades du couvent de la Sainte Famille), Eva Durant-Guillaume (institutrice au degré inférieur chez les Frères, épouse d'Eloi Durant, imprimeur à la rue Trigallez, clerc-organiste de l'église Saint-Martin, maman de Nelly, Marcelle et Ida, elle fut la première présidente, Julia Burgeon (accoucheuse), Julia Leloir, Gabrielle Dumont, hélène Maigre, Cécile Charrier, Lydie Delval (présidente de la LOFC), le docteur Descamps.
Mais nous n'avons pas, hélas, de photos des premières années.


Les présidentes depuis "Madame Eva"


Madeleine Roose (épouse Félix Hecq)
Solange François (épouse Raymond Cordier)
Madame Dutry (Epouse Maurice Brabant)
Marie-Madeleine Stourme (épouse Raymond Pourbaix)
Jeanne Jonnart (épouse Zulmart Laurent)
Elsa Decock (épouse Georges Delcourt)


Cet article est illustré d'une photo de la "goutte de lait" de 1937 et de la photocopie d'une médaille de remerciement offerte aux dévouées de l'oeuvre en 1919.


Michel Montée


Michel Montée


La Goutte de Lait en 1961


1ere guerre mondiale,goutte de lait


16:16 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : 1ere guerre mondiale, goutte de lait |  Facebook |

04/12/2007

In Memoriam - Fernand Ledoux - Secrétaire communal d'Epinois


Publié dans "La Revue communale de Belgique" de mai 1961


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Si un de nos lecteurs a une photo, qu'il accepte de nous la prêter (elle vous sera rendue en moins de 24 heures), nous la publierons volontiers.

14:20 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/12/2007

Il fut un temps où ils avaient besoin de nous


Extrait du Bulletin Administratif de la Province de Hainaut –n° 6 – Tome Quatrième - 1833


Le Gouverneur de la Province de Hainaut


A MM.Les Commissaires de district et Bourgmestres des villes et communes


Messieurs, veuillez faire un appel à la bienfaisance des habitans (sic) de votre commune, en les invitant à concourir au soulagement des cultivateurs dont les
Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien donner à cet appel, toute la publicité possible, par publications, affiches et exciter et faciliter la bienfaisance de vos administrés, en faisant faire, pour l’objet dont il s’agit, des souscriptions et quêtes à domicile.
Comme il est convenable qu’il n’y ait dans chaque district qu’un seul centre de recettes du produit de ces souscriptions et quêtes, Messieurs les Commissaires de district sont invités à recevoir les sommes que Messieurs les Bourgmestres voudront bien leur adresser, ainsi que les listes de souscriptions et faire ensuite le versement des unes et l’envoi des autres suivant les indications qui leur seront ultérieurement données.
Messieurs les Bourgmestres des villes sont priés de vouloir bien me donner connaissance du produit des quêtes et souscriptions et m’adresser copies de ces dernières.


Signé: De PUYDT


Nous ignorons encore combien les habitants de nos villages ont donné. Leurs salaires, à cette époque où l'argent était rare, étaient pourtant misérables. Soyez cependant certain qu'ils firent preuve de générosité et sans animosité.
Ceci n'est qu'un exemple, bien sûr. Car la solidarité du Sud vers le Nord va durer pendant plus de 120 ans !
Les plus anciens se souviennent encore des trains débarquant des milliers de travailleurs flamands venus chercher pitance dans nos mines, partageant leur misère mais chez eux c'était pire. Aucun Wallon, jamais, ne rechigna à aider leurs compatriotes du Nord. Au contraire. Ils furent bien accueillis chez nous et ils firent souche.
Certain(e)s devraient aujourd'hui s'en souvenir !


inondations

22:07 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solidarite |  Facebook |

28/11/2007

Ejecté du tram pour une pièce de monnaie !


24 octobre 1929, 8 heures du matin. Le tram 90 roule rue de Fontaine et se dirige vers Binche. Il est bondé. Soudain, un voyageur, qui se trouvait sur la plate-forme arrière, aperçoit une pièce de monnaie sur le plancher. Il se baisse pour la ramasser. Un choc. Le tram vient d'osciller, probablement à cause d'une légère courbe et son passage sur un joint qui relie deux rails.
L'usager, surpris, est déséquilibré et passe sous la chaîne de sûreté mise en travers de l'ouverture d'accès au wagon. il s'écrase sur le sol, inanimé.
Deux voyageurs sautent immédiatement "en bas du tram", pourtant toujours en mouvement, et se portent au secours de la victime. Ces 2 acrobates courageux sont Alphonse DHEULIN et Georges QUERRIAUX, tous deux de Leval-Trahegnies.
Le malheureux gît la tête contre la bordure en pierre qui séparait la rue de Fontaine des voies. La tête et les jambes ensanglantées, il est transporté chez Ernest DUTRIEUX.
Ce brave homme est immédiatement allé quérir le docteur Scoupermanne (?) qui le ramena, grâce à son automobile, à son domicile où il finit par reprendre connaissance.
Il saignait toujours abondamment de l'arcade sourcilière gauche et présentait de fortes contusions à la pommette gauche, aux mains et aux jambes. Il souffrait également d'une fracture du crâne qui ne fut détectée que le 4 décembre !
Bien qu'ayant porté plainte contre la SNCFV (Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux), nous ignorons si la voie a été réparée et si des mesures de sécurité supplémentaires ont été prévues. Nous en doutons. Avant son démantèlement, en 1973, la "légère courbe", existait toujours. Quant au joint.... En outre, il semblerait qu'aucun arrangement à l'amiable ne fut possible.
Notons au passage que deux témoins habitaient "rue du Béguinage" à Leval-Trahegnies. Ce sont les rues Trigallez et Matteoti qui portaient ce nom à l'époque. A-t-il existé un Béguinage à Leval ? Rendez-vous au premier numéro de notre revue pour en savoir un peu plus. Reste la problématique du médecin. Je n'ai pu déchiffrer dans le document où j'ai puisé cette anecdote, l'orthographe exacte de son nom. Et je ne sais pas non plus où il habitait ? Qui peut me l'écrire ?


Rue du Béguinage

14:35 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : faits divers |  Facebook |

27/11/2007

L'Abbaye d'Aulne va-t-elle disparaître ?


Le texte qui suit est inspiré d'un article du "Soir" du 17.10.2007. Les notes entre parenthèses sont de mon crû.


Ecrin de verdure bien connu des Carolos, (des Thudiniens et des Centristes) le site de l'Abbaye d'Aulne se meurt. Non pas pénurie de visiteurs (ils sont quelques 600.000 à s'y presser chaque année) mais bien par manque d'investissements. Cela fait près de 30 ans que l'Etat fédéral (dominé par la communauté linguistique que l'on sait) semble oublier ses obligations d'entretien envers l'abbaye cistercienne inscrite sur la liste du Patrimoine Wallon (IPW). Les chutes de pierres sont de plus en plus fréquentes. Tandis que les réparations concédées (définition du Petit Robert du terme "concéder": accorder à quelqu'un comme une FAVEUR) ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. Et les appel de Paul Furlan n'y ont rien changé.
(Ici, accrochez vos ceintures et préparez l'aspirine: un modèle de situation à la belge que, paraît-il, le monde nous envie) Hier, le bourgmestre de Thuin s'est donc tourné vers le ministre wallon du Patrimoine, Jean-Claude Marcourt. Car l'Abbaye d'Aulne, c'est aujourd'hui surtout un impénétrable imbroglio juridique. Selon un décret impérial de 1806, la propriété du site revient à une commission testamentaire; une forme de société qui n'existe plus en droit belge. Selon un accord de 1890, l'entretien du site incombe, lui, à l'Etat. Chargé d'analyser la situation juridique, l'IPPY (allez savoir ce que c'est !) devrait rendre son rapport dans les semaines à venir.
Et si on se dirigeait vers une dissolution de cette commission testamentaire, à qui reviendrait la propriété du site ? La Ville de Thuin n'en a pas les moyens. La Régie fédérale des Bâtiments à sans doute d'autres chats
(flamands ?) à fouetter. La Région wallonne n'a pas non plus les deniers. Mais si on e croit Jean-Claude Marcourt, elle aurait la volonté de prendre les choses en mains "si l'Etat fédéral lui en donne les moyens financiers" (autrement dit, si les Flamands nous donnent les sous). Le ministre wallon du Patrimoine a promis de prendre le dossier à bras-le-corps. En l'amenant sur la table du comité de concertation rassemblant les Régions et l'Etat fédéral et en mettant sur pied un groupe de travail chargé de se pencher sur la situation de l'Abbaye d'Aulne et de celle de Villers.


Isabelle SAUSSEZ in Le Soir du 17/410/2007.


Comment dit-on "à vot' bon cœur, m'sieurs, dames" en néerlandais?


abbaye-aulne

17:46 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cela se trouve pres de chez vous |  Facebook |

26/11/2007

In Memoriam: Pierre Miquel est décédé.


Pierre MIQUEL était un historien comme nous les aimons. Auteur d'une centaine de livres, il était aussi un vulgarisateur talentueux mais avant tout un auteur qui cherchait d'approcher au plus près de la réalité des faits, loin des hagiographies et des légendes à relents nationalistes.
Né dans cette magnifique ville de Montluçon (Allier) le 30 juin 1930, agrégé d'histoire, Pierre MIQUEL était professeur émérite à la Sorbonne au département de l'histoire du 20è s. Référence incontournable quant à l'histoire de la 1ère Guerre mondiale, il explora tant la stratégie militaire que les conditions de vie des Poilus dans les tranchées.
Cette passion pour le 1er grand conflit mondial ne l'a pas empêché de s'intéresser aussi à la IIIè République, à l'Affaire Dreyfus et à l'époque napoléonienne, entre autres. En tout plus de 110 ouvrages dont nous retiendrons surtout "Le Gâchis des Généraux" et "Les Mensonges de l'Histoire" qui pourfendent allègrement quelques idées reçues.
Il s'est éteint à Boulogne-Billancourt, ce 26 novembre 2007.


Pierre Miquel

19:17 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : divers |  Facebook |

25/11/2007

Le Chlem fait visiter nos cimetières à nos enfants !


Des visites pour aider les juniors à comprendre leurs racines


Geneviève D’Hert a guidé les élèves des écoles communales de Waudrez, Péronnes Charbonnages, Ressaix, Leval et Buvrinnes


C’est une intiative du Chlem (Cercle d’Histoire de Leval-Trahegnies, Epinois et Mont-Sainte-Aldegonde) qui a entraîné les enfants de l’entité binchoise dans leurs cimetières. Non pour y débusquer sorcières ou autres squelettes importés d’Amérique, mais plutôt pour renouer avec les racines de nos culture.
Geneviève D’Hert s’est donc muée en guide à destination des élèves fréquentant les écoles communales pour leur expliquer la symbolique funéraire d’hier et d’aujourd’hui. Les visites se succédèrent en compagnie des maîtres spéciaux de religion de toutes obédiences ainsi qu’avec les maîtres de morale laïque. Les enfants ont pu ainsi constater que notre civilisation a oublié la signification des symboles et les utilise à l’heure actuelle dans un seul souci d’esthétique, mêlant allègrement les signes religieux et païens.
Tant le personnel enseignant que les enfants ont apprécié cette visite qui a retenu toute leur attention.


Martine Pauwels – La Nouvelle Gazette du 24 novembre 2007


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Les enfants de Leval


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Les enfants de Ressaix


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Les enfants de Péronnes

19:21 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : activites du chlem |  Facebook |