11/11/2008

Cela se passe près de chez vous. Tournai: faut pas avoir le vertige !

 

Dans la dernière livraison de la « Lettre du Patrimoine », une invitation est lancée à tous les amateurs d'art et d'histoire: aller visiter le chantier de la rénovation de la cathédrale de Tournai.

Cathédrale de Tournai

 

UN CHANTIER UNIQUE ET PASSIONNANT ... OUVERT A TOUS !

« Depuis le printemps de cette année, les activités ont repris au pied de la Cathédrale Notre-Dame de Tournai. Petit à petit, la nef romane se noie dans une forêt de barres d'acier... Et la zone de chantier a envahi toute la place Paul-Emile Janson, de grandes charpentes métalliques s'y empilent en attendant d'être montées au sommet des échafaudages.

Le chantier en cours sera à plus d'un titre exceptionnel.

En effet, il s'agira de couvrir la nef romane avec des tables de plomb, un type de couverture employé pour les grands édifices du Moyen-Age. De nos jours, dans les pays limitrophes, on peut encore voir les grands versants des cathédrales ou de certains châteaux recouverts de ce matériau. Mais en Wallonie, il n'en reste plus d'exemple aujourd'hui. Le chantier de la Cathédrale de Tournai sera donc une première ! C'est une étude historique et archéologique qui a dicté ce choix. Des traces de solin prouvant l'insertion des tables de plomb ont ainsi été retrouvées dans les maçonneries du transept. D'autre part, les archives nous ont appris que la flèche de la tour-lanterne en fut couverte jusqu'au 18ème s. En1620, dans sa description de la cathédrale, le chanoine Jean Cousin y fait allusion: « Environ le milieu du corps sont eslevées fort haut en l'air quatre tours en quadrangle, couvertes d'ardoises en pyramides, deux deça la croisée aux costés de la nef, et deux autres delà la croisée aux costés du cheour, au milieu desquelles se dresse comme une autre tour fort large par bas, toute couverte de plomb, dont la pointe avec la croix parvient à la hauteur des quatre tours... »

Cathédrale de Tournai (02)

Nef de la cathédrale de Tournai

 

A Tournai, les « tables de plomb » seront des plaques de plomb coulées sur sable de 3,5 mm d'épaisseur, d'une dimension de 170 cm sur 60 cm. La fixation sera réalisée par clous en tête, les bords de côtés seront enroulés avec ceux des tables voisines. Les bords inférieurs seront quant à eux maintenus par deux agrafes. Ce système permet la dilatation des plaques. La durée dans dans le temps de ce procédé est estimée à 300 ans, parfois plus. Ainsi dans son « Dictionnaire de l'architecture » (1856), Viollet-le-Duc écrit: « ... Nous avons encore vu en place, en 1815, avant l'incendie de la Cathédrale de Chartres, les plombs qui en formaient la couverture datant du 13ème s. Ces plombs étaient parfaitement sains, coulés en tables d'une épaisseur de 0,004m, revêtus extérieurement par le temps d'une patine brune, dure, rugueuse, brillante au soleil... »

L'emploi du plomb soulève de nos jours des questions environnementales. Cependant, dans le cas présent, rien n'est à craindre comme l'a expliqué Vincent Brunelle, l'architecte auteur du projet, dans son rapport de présentation du projet: « Le plomb est l'un des métauxqui résiste le mieux à la corrosion, en atmosphère urbaine ou rurale. Ceci est dû au fait qu'il se recouvre très rapidement, sous l'effet de l'attaque des agents atmosphérique, d'un film protecteur continu et insoluble, formé d'un mélange de sulfure, sulfate, oxydes de carbonate de plomb, qui lui confère une teinte grise bleuté caractéristique.

Bien que le plom soit une matière naturelle, il est généralement considéré comme nocif pour l'être humain. En tant que métal massif, le plomb ne comporte aucun danger pour la santé et la sécurité des utilisateurs, des travailleurs, ni pour celle des habitants des constructions dans lesquelles le plomb a été utilisé. Par contre, le plomb peut être dangereux s'il est absorbé, sous forme pulvérulente ou vapeur, par le corps humain, s'il est respiré, et si, par conséquent, il infecte le système sanguin.

(...) La quantité de plomb évacuée dans eaux pluviales est négligeable, et ne constitue donc aucun danger pour l'homme et son environnement.

Afin d'assurer un travail de qualité tout en gardant un délai d'exécution minimum, un échafaudage « parapluie » est en cours de montage. Celui-ci enveloppera toute la nef, mettant à l'abri du vent et de la pluie l'équipe d'ouvriers couvreurs. Cette structure aura des dimensions exceptionnelles: longueur 56 m,, largeur 36 m, hauteur 42 m et d'un poids de 34 tonnes d'acier. Elle servira encore par la suite car elle sera adaptée pour la phase suivante du chantier relative à la restauration des façades,

Devant la façade principale de la Cathédrale, un escalier spécifique a été aménagé pour permettre l'accès du public à la hauteur de la toiture. De cette façon, les Tournaisiens, les touristes et tous les passionnés de patrimoine et de techniques anciennes pourront observer la mise en place des tables de plomb.

Couverture de plomb

Couverture en tables de plomb de la cathédrale de Chartres

 

22:21 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cela se trouve pres de chez vous |  Facebook |

27/11/2007

L'Abbaye d'Aulne va-t-elle disparaître ?


Le texte qui suit est inspiré d'un article du "Soir" du 17.10.2007. Les notes entre parenthèses sont de mon crû.


Ecrin de verdure bien connu des Carolos, (des Thudiniens et des Centristes) le site de l'Abbaye d'Aulne se meurt. Non pas pénurie de visiteurs (ils sont quelques 600.000 à s'y presser chaque année) mais bien par manque d'investissements. Cela fait près de 30 ans que l'Etat fédéral (dominé par la communauté linguistique que l'on sait) semble oublier ses obligations d'entretien envers l'abbaye cistercienne inscrite sur la liste du Patrimoine Wallon (IPW). Les chutes de pierres sont de plus en plus fréquentes. Tandis que les réparations concédées (définition du Petit Robert du terme "concéder": accorder à quelqu'un comme une FAVEUR) ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. Et les appel de Paul Furlan n'y ont rien changé.
(Ici, accrochez vos ceintures et préparez l'aspirine: un modèle de situation à la belge que, paraît-il, le monde nous envie) Hier, le bourgmestre de Thuin s'est donc tourné vers le ministre wallon du Patrimoine, Jean-Claude Marcourt. Car l'Abbaye d'Aulne, c'est aujourd'hui surtout un impénétrable imbroglio juridique. Selon un décret impérial de 1806, la propriété du site revient à une commission testamentaire; une forme de société qui n'existe plus en droit belge. Selon un accord de 1890, l'entretien du site incombe, lui, à l'Etat. Chargé d'analyser la situation juridique, l'IPPY (allez savoir ce que c'est !) devrait rendre son rapport dans les semaines à venir.
Et si on se dirigeait vers une dissolution de cette commission testamentaire, à qui reviendrait la propriété du site ? La Ville de Thuin n'en a pas les moyens. La Régie fédérale des Bâtiments à sans doute d'autres chats
(flamands ?) à fouetter. La Région wallonne n'a pas non plus les deniers. Mais si on e croit Jean-Claude Marcourt, elle aurait la volonté de prendre les choses en mains "si l'Etat fédéral lui en donne les moyens financiers" (autrement dit, si les Flamands nous donnent les sous). Le ministre wallon du Patrimoine a promis de prendre le dossier à bras-le-corps. En l'amenant sur la table du comité de concertation rassemblant les Régions et l'Etat fédéral et en mettant sur pied un groupe de travail chargé de se pencher sur la situation de l'Abbaye d'Aulne et de celle de Villers.


Isabelle SAUSSEZ in Le Soir du 17/410/2007.


Comment dit-on "à vot' bon cœur, m'sieurs, dames" en néerlandais?


abbaye-aulne

17:46 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cela se trouve pres de chez vous |  Facebook |

09/11/2007

Cela se trouve près de chez vous.


Le Chlem n'a pas pour vocation ultime de scruter uniquement ses trois nombrils.
Par le biais de ce blog et de son site, il souhaite, autant que faire se peut, faire découvrir aux amateurs d'histoire des sites méconnus ou que l'on croit trop bien connus qui se situent à quelques kilomètres de chez nous.
Pour ce premier post consacré à cette thématique, je vous livre un article publié par le revue "La Lettre du Patrimoine" n°7 de juillet-août-septembre 2007 et consacré à l'Abbaye de Notre-Dame de Bonne-Espérance de Vellereille-les-Brayeux.


"Dans la petite commune rurale d'Estinnes, en périphérie sud de la ville de Binche, s'élève la remarquable abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance qui se présente, fait rare aujourd'hui, sous la forme d'un ensemble abbatial complet comprenant des bâtiments réservés au culte, des salles conventuelles, des ailes des communs et une ferme adjacente. Elle est classée comme monument et reconnue comme patrimoine exceptionnel de Wallonie pour ses parties datant du 13è au 18è siècle. L'abbaye fut fondée en 1130 par des religieux de l'ordre des Prémontrés. Toutefois, sa physionomie actuelle remonte au 18ème siècle, les bâtiments érigés précédemment ayant été l'objet de plusieurs mise à sac et pillages. Dès 1829, l'évêché de Tournai, qui est le propriétaire, y installe un séminaire qui sera converti, une dizaine d'années plus tard en collège d'humanités.
(Là j'ai des doutes quant à la qualité de l'information. NDLR)
"Les bâtiments, érigés en brique et pierre dans un style classique, sont agencés selon un plan traditionnel, comportant une longue cour rectangulaire écornée à un angle par la ferme. Le cloître carré se situe derrière la cour et est jouxté au sud par l'église reconstruite dans un style néo-classique en 1779 par l'architecte Laurent-Benoît DEWEZ.
La région wallonne vient d'octroyer à l'Evêché de Tournai, propriétaire de l'ensemble , un subside d'un montant de 695.977,85 € en vue de mener à bien la restauration des toitures, des menuiseries, des finitions et du gros-oeuvre de la maison diocésaine de l'abbaye."


Bonne-Espérance (02)


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15:15 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cela se trouve pres de chez vous |  Facebook |