28/11/2007

Ejecté du tram pour une pièce de monnaie !


24 octobre 1929, 8 heures du matin. Le tram 90 roule rue de Fontaine et se dirige vers Binche. Il est bondé. Soudain, un voyageur, qui se trouvait sur la plate-forme arrière, aperçoit une pièce de monnaie sur le plancher. Il se baisse pour la ramasser. Un choc. Le tram vient d'osciller, probablement à cause d'une légère courbe et son passage sur un joint qui relie deux rails.
L'usager, surpris, est déséquilibré et passe sous la chaîne de sûreté mise en travers de l'ouverture d'accès au wagon. il s'écrase sur le sol, inanimé.
Deux voyageurs sautent immédiatement "en bas du tram", pourtant toujours en mouvement, et se portent au secours de la victime. Ces 2 acrobates courageux sont Alphonse DHEULIN et Georges QUERRIAUX, tous deux de Leval-Trahegnies.
Le malheureux gît la tête contre la bordure en pierre qui séparait la rue de Fontaine des voies. La tête et les jambes ensanglantées, il est transporté chez Ernest DUTRIEUX.
Ce brave homme est immédiatement allé quérir le docteur Scoupermanne (?) qui le ramena, grâce à son automobile, à son domicile où il finit par reprendre connaissance.
Il saignait toujours abondamment de l'arcade sourcilière gauche et présentait de fortes contusions à la pommette gauche, aux mains et aux jambes. Il souffrait également d'une fracture du crâne qui ne fut détectée que le 4 décembre !
Bien qu'ayant porté plainte contre la SNCFV (Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux), nous ignorons si la voie a été réparée et si des mesures de sécurité supplémentaires ont été prévues. Nous en doutons. Avant son démantèlement, en 1973, la "légère courbe", existait toujours. Quant au joint.... En outre, il semblerait qu'aucun arrangement à l'amiable ne fut possible.
Notons au passage que deux témoins habitaient "rue du Béguinage" à Leval-Trahegnies. Ce sont les rues Trigallez et Matteoti qui portaient ce nom à l'époque. A-t-il existé un Béguinage à Leval ? Rendez-vous au premier numéro de notre revue pour en savoir un peu plus. Reste la problématique du médecin. Je n'ai pu déchiffrer dans le document où j'ai puisé cette anecdote, l'orthographe exacte de son nom. Et je ne sais pas non plus où il habitait ? Qui peut me l'écrire ?


Rue du Béguinage

14:35 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : faits divers |  Facebook |

21/11/2007

Bon Dieu, mais c'est bien sûr !


Dans la nuit du 4 au 5 décembre 1969, un émule d'Arsène Lupin a réussi un exploit peu banal.
A la rue des Boulois ont été dérobés:


- 2 rouleaux de linoleum de 2,20 m. de hauteur contenant plus ou moins 20 mètres carrés. Pour en avoir coltiné un nombre certain, je peux vous assurer que c'était lourd, encombrant et glissant.
- 16 à 20 rouleaux de papier peint. A cette époque, ils n'étaient pas entourés d'un film plastique et avaient donc une fâcheuse tendance à se dérouler.
- 1 rouleau de papier paille.
- 1 truelle de maçon tout à fait neuve à manche rouge.
- 1 filière pour tuyaux à eau galvanisé de 1/2 pouce.
- 1 canif couteau à lame interchangeable pour découper du lino et du balatum.
- 1 couteau de boucher à manche noir avec œillets en cuivre jaune, lame de 25 à 30 cm.


Jusque là, rien que de très banal.
Mais la victime, sans doute inconditionnelle du feuilleton télévisé "Les 5 dernières minutes" et du commissaire Bourrel, a mené son enquête !
Elle a trouvé par où le malfaiteur s'était introduit; par la fenêtre de la cuisine dont la partie supérieure du bas du chassis (?) était garnie de plastic (sic), temporairement. Cela est déjà assez (d)étonnant !
Des traces d'herbe foulée indiquent que le monte en l'air venait de la direction de la rue des Moulins et que les rouleaux ont été traînés vers cette même rue. C'est logique.
Hélas, une autre traînée se dirige vers le carrefour formé par la jonction des rues des Moulins et de l'Agace. Cela se corse. Y aurait-il plusieurs voleurs ?
Notre détective a pu constater des traces de pas dans la poussière à l'intérieur du bâtiment et près de la fenêtre de la cuisine. Il s'agit notamment d'un talon de chaussure en caoutchouc avec des clous. Et il a bien retenu les leçons du célèbre commissaire télévisé: tout a été laissé en l'état. D'ailleurs les empreintes sont toujours visibles.
Poussant ses investigations un peu plus loin, notre limier a pu relever des traces de roues assez fraîches dans la rue des Moulins. Il a était jusqu'à découper 2 plaquettes de terre contenant les empreintes uniques de deux roues de.... vélomoteur. Et notre cambriolé est certain, c'est l'oeuvre d'un seul homme !
Transporter tout ce matériel, seul et en une fois sur un vélomoteur, qui devait être particulièrement solide: bravo l'artiste.


Souplex


A gauche, l'inspecteur Dupuy (Jean Daurand) et à droite, le Commissaire Bourrel (Raymond Souplex), héros de la série télévisée "les 5 dernières minutes"

13:00 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : faits divers |  Facebook |

19/11/2007

Des barricades à Trahegnies en 1946 ?


La situation était en tous cas assez grave pour que l'administration communale intervienne.
Il faut bien avouer que l'administration fiscale avait, dans le registre de la plus implacable inhumanité, fait très fort.
Jugez plutôt.


Lettre de l'administration communale de Leval-Trahegnies à Monsieur Gustave Detraux, huissier, Bois du Sart, Roux, le 5 décembre 1946.


Nous apprenons que le mobilier de monsieur CLARA Jules, domicilié à Leval-Trahegnies, sera vendu en vente publique, à la requête de Mr le Receveur des Contributions à Binche. Or, l'intéressé a été prisonnier politique depuis le 18 décembre 1942 jusqu'au 21 juillet 1945; de plus, son épouse a été pendant l'absence de son mari, victime d'un vol important et s'est vue dans l'obligation de prendre la fuite pour échapper aux poursuites de l'ennemi.
Veuillez noter que les contributions à réclamer se rapportent aux exercices 1942, 1944 et 1945.
Nous croyons que pour éviter un scandale, il y aurait lieu d'envisager de surseoir à cette vente"

Scan0013


Le Stolz, le café de Jules Clara, dit Kiki-bar.

12:57 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prisonniers, faits divers |  Facebook |

15/11/2007

Brave Fernand !


Il fut un temps où le tram 90 quittait la route de Charleroi, traversait la rue des Boulois, rejoignait le rue du Carnois, retrouvait la route de Charleroi par la rue Verte et descendait la rue de Fontaine pour se diriger vers Ressaix.
C’est à cette époque, somme toute pas si lointaine, où les transports en commun étaient le seul moyen, à l’exception de la marche, de se déplacer pour la grande majorité de la population, que se situe ce fait divers cocasse.
En janvier 1930, le Bourgmestre de Leval de l’époque, Mr François Leroy se trouvait « sur le pas de sa porte », rue du Carnois, où se situait un arrêt du tram.
C’était encore le temps béni où un garde des chemins de fer vicinaux accompagnait le conducteur. Il était chargé à la fois d’encaisser le prix des billets et entre deux arrêts, d’assurer un minimum de discipline parmi les voyageurs.
Ce 7 janvier, le garde, manifestement débordé, vint trouver le maïeur pour le prier de l’aider à expulser de son tram, une dame, dont nous tairons le nom, qui invectivait les autres voyageurs.
Elle finit par descendre, non, sans doute, sans résistance, pour le moins verbale. Mr Leroy tenta de la calmer et lui déclina sa qualité de 1er magistrat de la commune.
Peine perdue. Non seulement, elle exigea qu’il prouva qu’il était bien ce qu’il affirmait mais se « répandit en termes et gestes analogues" qui avaient provoqué son expulsion du tram.
Il faut ajouter , comme on l’écrivait pudiquement à l’époque, qu’elle était « sous l’influence de la boisson ».
Quelle aubaine pour les riverains! Un attroupement encombra bientôt la rue du Carnois. Dame, les distractions étaient rares et personne n’aurait voulu manquer un tel spectacle. On en parlerait encore longtemps dans les chaumières !
En désespoir de cause, le maïeur alla quérir Fernand Bertrand, l’agent de police, qui la ramena chez elle.
Le 24 du même mois, notre bourgmestre se trouvait encore devant chez lui quand le tram marqua l’arrêt. Je vous l’ai dit, les distractions étaient rares. La même dame se trouvait dans le 90 ! Dès qu’elle l’aperçut, elle recommença à l’invectiver ! Furax, François Leroy déposa plainte.
Interpellée, de nouveau dans un état d’ébriété avancée, par le même agent, elle échappa à l’amigo parce qu’elle affirma être enceinte de 5 mois.
L’histoire ne dit pas si la perspective de passer un certain temps au « trou » calma l’irascible voyageuse ou si notre maïeur perdit l’habitude de regarder passer les trams.


tram


Merci à Philippe Longfils, fils de Wattman, de nous avoir procuré la photo.

<PhilBR>

12:39 Écrit par Patrice Lambert dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : faits divers |  Facebook |